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Rappel sur le Triangle d’exposition :

Aujourd’hui, tous les appareils reflex ont un mode automatique performant, alors pourquoi utiliser le mode manuel ?

La réponse est simple : pour régler la profondeur de champ, c’est-à-dire augmenter ou réduire la zone de netteté, et/ ou régler le temps de pose de sorte à éviter les flous.

Lorsque l’on utilise le mode Automatique, l’appareil gère lui-même les réglages d’exposition : Temps de pose (également appelé durée d’exposition, qui se règle sur l’appareil par la vitesse d’obturation), Ouverture et Sensibilité ISO. Ce sont les trois paramètres  du triangle d’exposition. C’est ce qui définit quelle quantité de lumière va rentrer dans l’appareil, et donc à quel point l’image sera sombre ou lumineuse.

Cette notion de triangle d’exposition est importante car c’est ce que l’on va utiliser pour garder une luminosité qui nous intéresse tout en ayant la possibilité d’augmenter/réduire la profondeur de champ, ou d’augmenter la vitesse d’obturation. 

Quelques notions décrites grossièrement, pour commencer :

Profondeur de champ (PdC) : étendue de la zone de netteté.

Plus l’ouverture du diaphragme sera physiquement grande (son nombre f/ petit), plus la PdC sera réduite.

Le Temps de pose (ou au choix, Durée d’exposition/Vitesse d’obturation) : c’est le temps durant lequel l’appareil va laisser entrer la lumière. Forcément, Plus la vitesse est élevée, moins la lumière entre, plus la photo est sombre. Donc, l’inverse est vrai, plus la vitesse est lente, plus la lumière a le temps d’entrer, plus la photo est lumineuse. Si l’on devait faire une comparaison avec la plomberie, on dirait que, pour un même débit, si l’on ouvre un robinet une seconde pour remplir un seau d’eau, le seau contiendra moins d’eau que si l’on avait ouvert le robinet 30 secondes. 

L’Ouverture (du diaphragme) : C’est l’ouverture physique, dans l’objectif, par laquelle la lumière va passer pour entrer dans l’appareil (tout ceci est décrit grossièrement, mais c’est pour comprendre facilement). Là encore, plus le diamètre de l’ouverture est grand, plus la lumière passe. Plus l’ouverture est petite, moins la lumière passe. On règle ce paramètre avec le nombre d’ouverture (f/n). Attention, petit piège*, plus le nombre est petit (ex : f/1,4), plus l’ouverture physique est grande. 

Donc, plus le nombre est petit, plus la lumière rentre. Et comme vous l’aurez compris, plus le nombre est grand (ex : f/22), moins la lumière passe.

La Sensibilité ISO : Paramètre qui se règle avec les… ISO. Bravo !! 

En numérique, c’est pour le capteur ce qui va définir sa sensibilité à la lumière. L’équivalent des ASA pour l’argentique et ses pellicules. D’ailleurs, les rapports restent les mêmes : 100 ISO = 100 ASA.

Plus la sensibilité est élevée, donc les chiffres élevés, plus le capteur est sensible à la lumière. Ce qui veut dire qu’en cas de lumière faible, la photo sera plus lumineuse avec des ISO élevés. Cela peut être pratique, mais ça génère un bruit à partir d’un certain niveau. Il faut comprendre que ce paramètre est une sorte de Boost du signal, ce n’est pas un paramètre physique comme peuvent l’être le réglage du temps d’exposition et le réglage d’ouverture du diaphragme. À utiliser donc méticuleusement.

STOP !!!

Maintenant que l’on a revu ces notions, et avant de passer à ce fameux triangle, voyons un peu le stop. Un stop est un panneau octogonal…

Qu’est-ce qu’un stop… Ou encore, un Diaph… Ou même un IL (Indice de Lumination) ??? 

Déjà, tous ces termes sont des synonymes. Que l’on en utilise un ou un autre, on désignera la même chose.

Vous avez sûrement déjà dû lire dans des articles ou des sites consacrés à la photo, gagner/perdre un Diaph… Augmenter de deux stop… Etc.

Pour simplifier au maximum, 1 Stop de plus est simplement une “quantité” de luminosité deux fois plus importante. Et un stop de moins est une quantité réduite de moitié. 

Exemple, pour un réglage donné, l’augmenter d’1 Stop voudra dire modifier un paramètre de manière à donner deux fois plus de luminosité… Vous comprendrez donc que perdre 1 Diaph veut dire que pour un réglage donné, un paramètre a été modifié et a eu pour conséquence de “perdre” (ça c’est anti Lavoisier) la moitié de la luminosité.

Heureusement pour nous GU (gentils utilisateurs…), chaque paramètre, que ce soit le Temps de pose, l’Ouverture, ou la Sensibilité, augmente ou diminue dans les mêmes quantités lorsque l’on modifie son réglage d’un cran au-dessus ou en dessous. Cela dépend du boitier mais ça peut être par incrément (ou décrément) d’un demi ou d’un tiers de Stop.

Concrètement cela veut dire que si modifier d’un cran le nombre d’ouverture aura pour conséquence de modifier l’exposition d’un tiers de Stop, alors modifier d’un cran la vitesse d’obturation (ou bien la sensibilité) aura aussi pour conséquence de modifier l’exposition d’un tiers de Stop. Avec l’habitude on finit par faire les modifications de réglages de l’exposition sans regarder.

Exemple :

Mon réglage de base est f/4, 1s, 200 ISO

Je passe à f/5,6, 1s, 200 ISO : En passant mon nombre d’ouverture à f/5,6, j’ai une ouverture physique du diaphragme deux fois plus petite que lorsqu’elle était à f/4. Les autres paramètres n’ayant pas changé, j’ai simplement divisé par deux la quantité de lumière entrant dans l’appareil, j’ai donc perdu (ou diminué, selon le contexte) un Diaph. L’image sera deux fois plus sombre.

Maintenant je passe à  f/4, 1s, 400 ISO. Par rapport à mon réglage de base, je suis passé à la valeur directement supérieure de la sensibilité. J’ai donc doublé la luminosité (par “Boost” du signal), j’ai donc augmenté d’1 Stop par rapport au réglage initial. Résultat, l’image est deux fois plus lumineuse.

Plus dur… Je passe à f/2,8, 2s, 200 ISO. Que se passe-t-il ? J’ai en fait augmenté de 2 Stops.

Un premier Stop en passant l’ouverture à f/2,8 qui est l’ouverture physique deux fois plus grande que f/4. Donc déjà une première fois, le double de lumière.

Puis un deuxième Stop en passant le Temps de pose à 2s, qui et le double d’1s, ce qui fait rentrer deux fois plus de lumière.

2 Stops = 2 x double de lumière. 

2 × 2 = 4, j’ai donc une image quatre fois plus lumineuse (toujours par rapport au réglage initial).

Un dernier exemple pour la route, pour que vous saisissiez toute la subtilité de la chose :

Je passe à f/2,8, 1/4s, 400 ISO… Que se passe-t-il au niveau de la luminosité ?

Elle reste la même ! 

Pourquoi ?

On a vu qu’en passant à f/2,8, on gagnait un stop, et en passant à 400 ISO, on gagnait encore un stop… Donc au total quatre fois plus de luminosité. Très juste, mais on a divisé le Temps de pose par 4, donc, laissé entrer quatre fois moins de lumière, donc, diminué de 2 Stops.

2 Stops – 2 Stop = 0 Stop. Résultat, l’image a gardé la même luminosité qu’avec le réglage de départ. 

Mais alors, quel pourrait être le but de cette manœuvre apparemment absurde ?

Conserver une luminosité qui nous convenait tout en diminuant le risque de flou puisque la vitesse a augmenté (si l’on s’était contenté d’augmenter la vitesse, la photo aurait été quatre fois moins lumineuse). Conséquence, on a perdu un petit peu de profondeur de champ… 

Avec ce dernier exemple, on voit vraiment comment fonctionne le Triangle d’exposition.

Dans un triangle, la somme des trois angles est toujours égale à 180°… En tout cas en géométrie euclidienne sur terre… et ça tombe bien, c’est là où nous nous trouvons. 

Vous pouvez avoir un triangle avec un angle à 90°, et deux angles à 45. Total, il fera 180°. 

Imaginons que l’on garde notre angle à 90°, mais que l’on modifie un angle en le faisant passer de 45° à 27°, alors, le troisième angle fera 63°. La somme des trois angles, même si le triangle n’est plus beau, fera toujours 180°.

Quand la luminosité d’une photo vous convient, mais que la PdC n’est pas assez grande, ou que la Vitesse n’est pas assez élevée, alors, il faut utiliser les 3 paramètres du Triangle d’exposition en les modifiant de manière à retrouver le principe du triangle ayant une somme des trois angles à 180°.

Ce que l’on enlève à un angle, on le rajoute à un (deux) autre(s) de manière à ce que la “quantité” de luminosité soit toujours la même.

Dans l’analogie, les degré du triangle géométrique sont les Stops du Triangle d’exposition.

Maintenant que l’on a vu ce qu’était le Triangle d’exposition on va voir comment s’en servir en passant du mode Automatique au mode Manuel.

Premièrement, on prend une photo en mode Automatique. On regarde ce que ça donne, et il y a de fortes chances pour qu’au moins la luminosité soit bonne. La netteté, c’est autre chose… Quant à la profondeur de champ, Joker. Bon, ça tombe bien, c’est ce qui nous intéresse, et c’est au moins un des points forts du mode automatique… En tout cas pour nous aider au début. Par la suite, vous deviendrez plus pointilleux et même la luminosité du mode Automatique pourra ne plus vous convenir. 

On regarde les infos de la photo, et on note (dans la tête si vous faites comme moi, sur un papier si vous êtes neuneu, un peu lent, ou que pour vous, noter noir sur blanc ces données existentielles est un réel confort psychologique et une sécurité à toute épreuve) les réglages d’exposition. 

Exemple : f/4 1/250s 200 ISO 

Bon, tout ça c’est très bien, les chiffres sont jolis, la luminosité convenable, mais par contre, quel est tout ce flou autour de cette petite bande nette ?

Et bien ça, mon ami GU c’est tout simplement la profondeur de champ qui est au ras des pâquerettes. Pour ça, pas de secret, on va augmenter la profondeur de champ en fermant. Pour fermer, on augmente le nombre d’ouverture… cela aura pour conséquence directe d’assombrir la prise de vue puisque le diamètre aura été réduit, mais on va utiliser les deux autres paramètres du Triangle d’exposition pour compenser.

f/4 étant vraiment trop peu pour une bonne PdC, on passe directement à f/11 et on verra bien. De toute façon, comme aurait dit mon Mogwai : Trop clair ! (mais mon Mogwai il est bête parce que de toute façon, on va retomber sur la même luminosité).

Avant de continuer, petite chose à savoir sur le nombre d’ouverture qui double la luminosité. Je vous ai dit plus haut que chaque valeur supérieure était 1 Stop de plus… Et qu’1 Stop de plus était le double de lumière… Pour corser un petit peu la chose, certains objectifs peuvent se régler par demi valeur (on pourrait donc dire 1/2 Stop) ou tiers de valeur afin d’obtenir des réglages fins. Et oui, des fois, on ne veut pas passer du simple au double…

Voici donc pour simplifier, les valeurs universelles doublant à chaque fois la quantité de lumière (ou la divisant par 2, selon le sens) :

f/1 ; f/1,4 ; f/2 ; f/2,8 ; f/4 ; f/5,6 ; f/8 ; f/11 ; f/16 ; f/22 ; f/32

1/1000s ; 1/500s ; 1/250s ; 1/125s ; 1/60s ; 1/30s ; 1/15s ; 1/8s ; 1/4s ; 1/2s ; 1s ; 2s….. 30s

100 ISO ; 200 ISO ; 400 ISO ; 800 ISO ; 1600 ISO ; 3200 ISO ; 6400 ISO ; 12800 ISO ; 25600 ISO (les valeurs normalisées commencent à 25 ISO mais ce n’est pas fréquent, et peuvent monter au-delà de 25 600, mais souvent le bruit généré rend l’image quasi inexploitable).

Reprenons :

Je suis donc passé à f/11, je me rends compte en regardant les données ci-dessus que je me trouve 3 Stops en-dessous des réglages d’expo qui me convenaient question luminosité. 3 Stops en dessous et non au-dessus car on se rappelle bien que pour l’ouverture, plus le chiffre est grand plus le diaphragme est fermé. Avec mes 3 Stops en dessous, je vais avoir une image 8 fois plus sombre (2x2x2).

Pour retrouver ma luminosité d’origine, je vais compenser en rajoutant 3 Stops à un autre paramètre de mon Triangle, ou bien mixer et augmenter un paramètre de 2 Stops, et le troisième paramètre d’1 seul Stop.

Si j’ai un trépied, je choisis d’augmenter le Temps de pose de 2 Stops. 2 Stops au-dessus de 1/250s, c’est 1/60s (ça commence à être long, heureusement qu’il y a le trépied pour éviter le flou de bougé). Il ne reste qu’à récupérer le 3è Stop en passant les ISO À la valeur supérieure, c’est-à-dire 400 ISO (ce qui reste raisonnable par rapport au bruit généré).

Maintenant que j’ai une idée des réglages, je passe mon boîtier en mode Manuel et je règle mon exposition comme suit :

f/11 1/60s ISO400

Je shoote, je compare l’image avec la précédente : même luminosité, mais une zone de netteté bien plus étendue. Chouette, c’est ce que je voulais !

J’ai donc bien augmenté la profondeur de champ tout en conservant ma luminosité.

On pourrait multiplier les exercices, avec un exemple de flou à cause d’une vitesse trop lente, ou un problème de piqué parce que trop de profondeur, etc., mais comme vous avez compris le principe, à vous d’adapter les réglages par rapport à la situation.

C’est toujours le même principe ! Vous pouvez d’ailleurs l’utiliser pour régler la luminosité à votre convenance si elle ne vous satisfait pas tout à fait en mode Automatique.

Il faut juste bien garder en tête que tout n’est qu’une histoire de compromis. Vous allez optimiser tel ou tel paramètre en fonction de ce que vous voulez obtenir : plus de luminosité, plus de piqué, plus de profondeur de champ… Sachant que dans l’absolu, il y en a toujours un qui se fait au détriment de l’autre.

Du coup, le mieux, c’est vraiment de gérer sa lumière de départ pour ne pas avoir à trop sacrifier certains critères. 

Il faut bien se rappeler photo = lumière.

Pour rappel :

Grande profondeur de champ = diminution de l’ouverture = moins de lumière = moins de détails dans les zones nettes,

Grande ouverture = grande luminosité = beaucoup de détails dans une profondeur de champ ridicule,

Trop fermé = diffraction,

Trop ouvert = aberrations chromatiques,

Long temps de pose = Grande luminosité = augmentation des risques de flous !!!! Utilisation d’un trépied !!!!

Sensibilité élevée = bruit.

*Ce petit piège vient du fait que le nombre d’ouverture, généralement sous forme f/n (ex: f/2,8) ne représente pas une dimension en centimètres ou millimètres, du diamètre de l’ouverture du diaphragme mais un rapport de la focale (f) au diamètre (d) de la pupille d’entrée : n=f/d. Ça devient tout de suite plus logique ! Diviser quelque chose par 2,8 donne forcément un résultat plus grand qu’en la divisant par 5,6.

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Préparation de l’insecte et du décor

Comme expliqué dans l’article “Focus stacking”, en studio, on peut travailler sur des insectes morts et prendre alors tout le temps nécessaire pour essayer de leur donner un côté vivant. Une manière en quelque sorte de leur donner une seconde vie et de les immortaliser.

Cela sous-entend donc qu’il faut créer un décor, et les mettre en situation. Pour cela, il faudra, pour la scène, connaître les mœurs de l’arthropode et son environnement naturel afin de recréer quelque chose de cohérent. Et concernant l’insecte, il faudra le préparer, façon thanatopraxie, car après la mort, la rigidité cadavérique s’installe et l’animal se retrouve dans une position inhabituelle. Il devient sec, raide ou recroquevillé, et cassant. De plus, selon depuis quand il est mort, et où il a été récupéré, il sera dans un état désastreux… Rempli de poussières, de saletés, et complètement déshydraté, Ce qui se verra sur sa cuticule.

Les photos d’un insecte recroquevillé, sec et plein de poussière, c’est bien pour Wikipédia et la taxonomie, mais si l’on désire une photo un tant soit peu artistique et non morbide, il faudra lui rendre un certain éclat, et une certaine souplesse. 

À partir de là seulement, on pourra le mettre dans une de ses positions naturelles et le laisser sécher pour l’introduire dans cette position, dans le décor.

Commençons par…

Le décor :

Il faut commencer par se renseigner sur le milieu naturel de l’insecte, et pour cela, il faut déjà savoir de quel insecte il s’agit. Pour les endémique, ça ne pose pas de problème, il suffit simplement de savoir où on l’a trouvé afin de reproduire un minimum cet environnement, ou bien si quelqu’un nous l’a donné, savoir où cette personne l’a trouvé. À ce moment-là, ce sera facile de se procurer de la terre, du sable, du bois, peu importe, mais des matières provenant de notre pays. En revanche, il est tout de même nécessaire d’en connaître un minimum. A-t-on affaire à un insecte vivant dans les arbres, dans la terre, dans les murailles ? Il serait dommage de préparer un décor à base de sable pour un insecte vivant quasi exclusivement dans le bois. Ce sera peut-être joli, mais aux yeux d’un connaisseur, ce sera impossible, et plus de doute, votre photo est simplement un mauvais assemblage.

Pour les exotiques, soit on connaît l’insecte, parce qu’on en a en élevage, parce que quelqu’un nous l’a donné, parce qu’on est passionné et donc bien documenté, soit on essaie de l’identifier à l’aide de clés d’identification trouvables sur Internet.

Une fois qu’on sait qui il est, on regarde son aire de répartition, le type d’habitat, on regarde beaucoup de photos de la région sur Google image ou autre ainsi évidemment que beaucoup de photos de l’insecte, ça donnera une idée, et on essaie de créer quelque chose d’équivalent. 

On peut pousser le vice jusqu’à acheter les matières sur Internet, sur les sites de vente d’insectes et matériel d’élevage ou sur les forums de passionnés.

En ce qui me concerne, j’élève une trentaine d’espèces de fourmis, quelques araignées, des cétoines, des grillons, blattes, mantes, bref, beaucoup de petites bêtes. Entre mes élevage et mes contacts chez les autres éleveurs et passionnés, je peux donc disposer de pas mal de spécimens dès qu’ils passent l’arme à gauche. Évidemment, on peut faire aussi avec les insectes vivants et “narcotisés”, mais il est question ici d’une préparation pour insectes morts, donc restons sur ce sujet.

 J’ai donc, par rapport à mes élevages, des substrats de différentes régions du monde, ainsi que des branchages, et des connaissances assez variées sur nombre d’espèces. Je peux donc respecter assez facilement un décor naturel.

Pour “assembler” tout ça, on peut utiliser une petite plaque et l’enduire de colle blanche sur laquelle on déverse le substrat. Après quelques minutes de séchage, on retourne le tout pour faire tomber le surplus. 

On peut aussi utiliser du papier journal et/ou de la pâte à modeler pour former des reliefs. Il faut donc coller ces reliefs sur la petite plaque, et enduire le relief de colle puis faire tomber le substrat dessus et évacuer le surplus. On peut se débrouiller pour y planter des herbes ou petits bouts de bois, bref, essayer de créer un décor équivalent à la surface de terrain que l’on aurait prélevé en bloc pour rentrer dans notre studio. Une surface de 10 x 10 cm suffit.

Une fois que le support est créé, il faut également s’occuper de l’arrière plan. Pour ça, il suffit de trouver la bonne image sur Internet, puis l’imprimer, et la faire tenir environ cinq à 10 cm en arrière de là où reposera l’insecte sur le décor. Vous pourrez compter sur le flou pour donner l’illusion !

Dans le cas d’un insecte vivant dans le bois, il sera encore plus simple de déposer un bout de bois sur la plaque servant de support, et coller quelques bouts d’écorce sur une petite plaque qui remplacera la photo du décor précédent dans sa fonction d’arrière plan. Là encore, l’illusion fonctionnera.

Il sera toutefois sûrement plus délicat de placer correctement l’insecte sur le bout de bois que sur une surface terreuse ou sablonneuse.

Exemple d’un décor simple (celui des photos utilisées en exemple dans l’article “Focus stacking”) :


L’insecte : 

Cette phase est bien plus longue et délicate. Elle s’étale sur plusieurs jours.

Nettoyage, hydratation, restauration… :

Les premières étape consistent à nettoyer et hydrater l’insecte ou selon comment vous vous y prendrez, hydrater et nettoyer l’insecte.

Si l’on utilise la méthode du pinceau avec eau savonneuse pour le nettoyer, lui retirer les poussières, sans avoir préalablement réhydraté l’insecte, il pourrait être cassant et on pourrait finir par sectionner un bout de patte ou une antenne. Mieux vaut commencer alors par l’hydratation.

L’hydratation est très importante, c’est ce qui redonnera de la souplesse à votre spécimen.

Une méthode simple consiste à mettre du papier absorbant généreusement humecté au fond d’une boîte hermétique, de type petit Tupperware, envelopper soigneusement l’insecte d’une feuille de papier absorbant complètement sèche, déposer le tout sur le papier mouillé/humide, fermer la boîte et laisser agir l’humidité à l’intérieur de la boîte pendant 12 à 24 heures. 

Vous pouvez aussi déposer l’insecte sur un petit bout de polystyrène, mettre de l’eau dans votre boîte hermétique, et déposer le bout de polystyrène avec l’insecte dessus au milieu de l’eau. Ne mettez pas directement l’insecte dans l’eau, c’est l’humidité qui doit agir. Là aussi, laissez agir 12 à 24 heures.

À la sortie de la boîte, l’insecte devrait être assoupli et réhydraté.

Maintenant, vous pouvez faire un premier nettoyage du sujet à l’aide du pinceau et eau savonneuse. N’insistez pas trop longtemps car il faut profiter du temps durant lequel il est encore souple pour l’épingler dans la bonne position. Il se mettra ensuite à sécher, et une fois sec et les épingles retirées, vous pourrez à nouveau faire un léger nettoyage.

Ma méthode : 

Pour le nettoyage, une méthode plus “poussée” mais demandant plus de matériel et de produits, celle que j’utilise, consiste à laver l’insecte dans un bain à ultrasons. J’utilise de l’eau déminéralisée et du Decon90. C’est un tensioactif/décontaminant radioactif. L’eau seule ne mouillera pas l’insecte, à cause de la tension superficielle, c’est là où le Decon90 fait des merveilles. Non seulement il mouillera parfaitement le spécimen, mais en plus, il est connu pour restaurer leurs couleurs et leurs yeux. Un détergent comme du produit vaisselle ferait également l’affaire pour le nettoyage mais il ne restaurerait pas les couleurs. Je fais un à trois lavages selon l’état de l’insecte.

Une fois sorti de la cuve, je le passe à l’alcool isopropylique pour le sécher et lui enlever toute trace du “savon” qui en séchant risquerait de laisser les poils emmêlés, puis je remplace le ramollissoir (Tupperware et humidité) par un bain de 2 à 12h, voire 24 heures dans certains cas, dans un produit assouplissant très spécialisé, nommé Barbers Fluid. Il a été mis au point par des entomologistes, et est utilisé pour l’assouplissement des articulations et l’expulsion de certains organes. Ce produit aussi peut restaurer, et même de très vieux insectes. Il est également utilisé pour la conservation. Il n’est pas disponible en France, il faut le commander à l’étranger.

Ce produit est incontestablement le meilleur dans son domaine.

Maintenant que les étapes de nettoyage, restauration et assouplissement sont terminées, comme pour la méthode basique, c’est le moment d’épingler le spécimen dans la position souhaitée avant qu’il ne commence à sécher.

Un petit mot en ce qui concerne les deux méthodes. Il faut savoir que la méthode basique n’est pas une méthode d’entrée de gamme, c’est une méthode qui a fait et qui fait toujours ses preuves.

Le résultat peut d’ailleurs être bien meilleur avec ce système simple qu’avec l’utilisation de bac à ultrasons, produits chimiques et compagnie… tout dépend comment on utilise les produits et les ultrasons. Si c’est fait convenablement, alors ça peut faire des merveilles et restaurer un insecte qui ne peut pas l’être autrement. Le Barbers Fluid spécialement est épatant.

Épinglage :

Comme support sur lequel étaler l’insecte, on a le choix, ça peut être une plaque de carton pour certains, du polystyrène pour d’autres… Du liège également… En ce qui me concerne, j’utilise des plaques d’émalène (une mousse de polyéthylène). Les points importants sont le support qui doit être propre, et facilement “piquable” avec des aiguilles fines. C’est pour ça que le Liège ou le carton ne sont pas forcément ce qu’il y a de plus simple, et d’où l’avantage d’utiliser de la mousse de polyéthylène. Les aiguilles se plantent facilement, ça vieillit bien, ça résiste à de nombreux produits chimiques utilisés en entomologie, les insectes posés dessus tiennent bien car les griffes l’accrochent bien. En bref, c’est le support idéal pour l’épinglage.

Pour les aiguilles, j’utilise des épingles entomologiques 000, elles sont assez souples, et leur diamètre est de 0,25 mm. Parfait pour les petits insectes.

Attention, contrairement à l’épinglage destiné à une collection sous cadre, on maintient le spécimen en place sans le transpercer au thorax ; Une fois l’épingle retirée, les marques se verraient trop sur les photos.

Dans notre cas, l’insecte est maintenu en place par des aiguilles qui l’enserrent.

Pour commencer, je plante donc deux aiguilles en croix sur la plaque, cela ressemble à un X. J’enfonce assez profondément pour qu’il ne dépasse à peine plus qu’un V. 

Je recommence à planter un X parallèle au premier. Cela me servira de support sur lequel poser l’insecte. La répartition sera tête d’un côté, thorax entre les deux X, et abdomen de l’autre.

Ce mode de support sert à tenir l’insecte et à le surélever à la bonne hauteur par rapport à la plaque. 

J’ajuste une première fois les aiguilles pour la hauteur grosso modo de l’insecte. 

Une fois qu’elle est convenable, je replante des X semblables par-dessus. Cette fois-si, comme si je voulais guillotiner à l’endroit où la bête repose sur le support. 

J’ajuste maintenant plus précisément la hauteur de l’abdomen, du thorax et de la tête en plantant plus ou moins ces huit aiguilles. Ça fait de très bons leviers pour abaisser une partie et en relever une autre

Il faut serrer assez pour tenir l’insecte mais pas de sorte à lui sectionner le coup ou la liaison thorax abdomen.

Maintenant que le corps est assez fermement maintenu, j’essaie si la souplesse le permet, d’écarter les mandibules. C’est la chose la plus difficile dans le montage. Si j’y arrive, je maintiens l’ouverture à l’aide des aiguilles, et en cas de bonne souplesse dans les mandibules et d’intégrité physique de l’insecte, je déplie les palpes. Si je n’y arrive pas, je passe à l’étape suivante.

 Je commence à déplier et étaler sommairement les six pattes. Une fois qu’elles sont dépliées de dessous le corps ou d’au-dessus, je m’occupe de mettre en place une patte à la fois, en plantant le nombre d’aiguilles qu’il faut à chaque fois pour faire levier sur les articulations afin de détendre chaque segment puis bloquer la position. Il faut veiller à bien reproduire les extensions. C’est vraiment ce qui fait la différence entre l’aspect vivant et la rigidité cadavérique qui maintient les membres recroquevillés. 

Une fois les pattes en place, je m’occupe des antennes en agissant de la même manière. Je soulève, je cale, je fais levier, je bloque.

Une fois que tout est en place, je vérifie une dernière fois s’il y a besoin de faire de tout petits ajustements et une fois que j’ai fini, je laisse sécher sous cloche pendant une semaine. L’insecte va reprendre sa rigidité cadavérique mais bloqué dans la position que vous venez de choisir.

Une semaine plus tard, une fois sec, on peut retirer les épingles délicatement, une par une, et l’insecte tiendra comme par magie dans sa position.

Les deux photos qui suivent sont celles de l’insecte ayant servi dans tous les exemples de l’article Focus stacking (fourmi, major Camponotus singularis). Vous pouvez compter le nombre d’épingles qu’elle a demandé.

Laisser sécher sous cloche est primordial pour éviter à votre spécimen de se recharger de poussières, ce qui pourrait gâcher la photo ou vous forcer à le nettoyer un peu trop, au risque de lui casser un segment voire lui couper la tête.

La position dans laquelle on l’épingle dépendra de l’espèce et de ce que vous avez vu lors de vos recherches. À quoi ressemble-t-il quand il est au repos, quand il marche, quand il mange. Choisissez la situation qui vous plaît, et souvent le plus simple est le moins compliqué, regardez un maximum de photos de l’insecte dans cette position et reproduisez-là.

Et voilà, prêt à jeter un dernier coup d’œil sous la loupe, passer un dernier petit coup de pinceau humide, prendre quelques minutes à poser l’insecte au milieu du décor qui a été créé, déposer le tout dans la Lightbox, et commencer la séance de Stacking.


Voici maintenant un autre exemple de préparation d’insecte et décor :

Premièrement, l’épinglage (l’insecte, une fourmi, est une gyne Atta sexdens) :

Passons maintenant aux éléments de décor et à sa réalisation :

Et le résultat après tous les processus, post traitement de l’image compris :

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Focus stacking

Focus stacking en macrophotographie

Tout d’abord, qu’est-ce que le Focus Stacking, pouvant être traduit par “empilement de mises au point” ? 

C’est une méthode qui consiste à augmenter la profondeur de champ en assemblant une série de photos dont la mise au point a été décalée à chaque prise de vue.

Ces mises au point sont faites sur l’“axe Z” (celui de l’objectif), c’est-à-dire en avançant vers l’objet qui se trouve face à nous, et non sur n’importe quel point dans la largeur (axe x) ou la hauteur (axe y) de l’image. Il s’agit bien de traiter uniquement la profondeur. 

C’est grâce, ou à cause, de cet “axe Z” que vous pourrez retrouver le Focus Stacking sous la dénomination “Zédification”.

J’évite volontairement d’employer le terme plan focal. Je pourrais dire simplement : «  il suffit de capturer des images de l’objet à différents plans focaux, etc… » Mais pour utiliser uniquement  le jargon, il y a Wikipédia mais ce sera moins imagé… ou les cours de photo… 

Le but ici est et de dégrossir le Focus Stacking et de ne parler que de ça sans aborder quoi que ce soit d’autre.

Je ne parlerai pas non plus de la technique avec mises au point par l’objectif, mais seulement de mises au point par l’avancée physique du matériel. Le premier cas n’étant pas très intéressant en macro au dessus des rapports de grandissement 1:1.

Le principe de l’acquisition des images : 

Sans parler du réglage d’exposition, cela consiste à faire la mise au point sur la première partie de l’image que l’on voudra nette, puis avancer d’une certaine distance jusqu’à la dernière partie que l’on voudra nette. Par la suite pour faire référence à ceci, les termes “distance totale parcourue”, “distance totale à parcourir” pourront être utilisés.

Lors du résultat, la plage de netteté s’étendra alors d’un point situé très légèrement avant notre premier point net choisi, jusqu’à un point situé légèrement après notre dernier point net choisi. 

⁃ – Les utilisateurs du bouton de visualisation de la profondeur de champ connaissent bien la différence entre la profondeur de champ dans le viseur et la profondeur de champ réelle. Dans cette discipline ce n’est pas vraiment un problème à anticiper. Cela ne peut que nous rendre service ; dans certains cas, la profondeur de champ s’exprime en quelques microns à peine.

Évidemment, étant donné qu’il s’agit de Focus Stacking, et non d’une photo pose longue ou en Mode Bulb, il ne s’agit pas de prendre une seule photo qui dure le temps de la distance totale à parcourir, mais bien de prendre toute une série de photos tout au long de cette distance totale. 

Il est nécessaire d’avancer en gardant toujours le même axe, afin d’éviter les déformations. 

Dans le même ordre d’idées, toujours travailler avec le boîtier en mode Manuel pour que l’exposition ne change pas d’une photo à l’autre ; des changements de luminosité répercutés sur une centaine de photos rendraient le traitement et le résultat médiocres.

L’objectif, paramètre encore plus important, doit également être réglé en mode Manuel ; il faut empêcher que l’Auto Focus fasse continuellement la mise au point sur notre point de départ ou qu’il choisisse lui-même de la faire ou bon lui semble au fur et à mesure que le boîtier avance.

Si travailler en mode Manuel, que ce soit au niveau du boîtier ou de l’objectif, est important pour respecter une “cohérence” ou “homogénéité” entre chaque image, respecter une distance toujours égale entre deux prise de vue successives l’est tout autant. 

Cela permet d’une part de passer sur toutes les zones que l’on veut couvrir, et ainsi l’on ne se retrouvera pas avec des zones mortes ou floues, et d’autre part d’avoir un bon chevauchement entre les images et un traitement cohérent sur la totalité.

Le principe dans le traitement des images obtenues :

Récupérer les zones de netteté de chaque image et les assembler façon puzzle donnant une image unique, parfaitement nette sur toute la profondeur de champ choisie lors du paramétrage de la distance totale.

Maintenant que ces points essentiels ont été vus, la grande question : OK, Focus Stacking, très bien, profondeur de champ, etc., oui, mais pour quelle occasion ? ?

Dans l’absolu, et par rapport au principe-même du Focus Stacking pour l’occasion qui vous plaira à partir du moment où la composition ne contient pas de sujet en mouvement : long couloir avec des lustres que l’on veut tous nets, paysage pour lequel on voudrait tous les plans nets, personnes posant dans une pièce à différents points de la profondeur de la scène, gros objet, Packshot, macro… 

Donc, pour quelle occasion, ça, c’est vraiment à vous de voir, d’expérimenter… Et selon ce que vous choisirez, la technique sera différente (emploi de rail, mouvement du corps, ou mise au point par l’objectif) mais le principe reste toujours le même : Une série de prises de vue avec une mise au point à différents endroits de l’axe Z à chaque déclenchement. Puis, empilement des photos obtenues. 

Ce qui a été abordé ici et qui le sera jusqu’à la fin concerne uniquement la macro… Qui rappelons-le ne concerne que ce qui est capturé à partir du rapport de grandissement 1:1.

Rappel du rapport de grandissement 1:1 : la place que l’image occupe sur le capteur est égale à sa taille physique réelle.  

Ex : Un objet de 1 cm occupera une place d’un centimètres sur le capteur. 

Suivant ce fait, avec un rapport 5:1 la taille occupée sur le capteur est cinq fois plus grande que la taille réelle.

Ex :  un objet de 4,8mm x 7,2mm occupera toute la surface d’un capteur 24 X 36. Un œil de mouche occupera plusieurs écrans Full HD selon le nombre de pixels du capteur.

Bla-bla anecdotique qui peut-être zappé :

En ce qui me concerne, en dehors de la macro, je l’utilise principalement pour des Packshot lorsque le demandeur veut un objet ayant exactement la même netteté, le même niveau de détails sur absolument tout ce qui est visible sur une image (oui, oui, il y en a des comme ça). 

Dernièrement, je l’ai utilisé pour un collectionneur d’objets anciens qui fait un livre sur les poires d’appel. Il voulait que ces objets reflètent en images le niveau de détails que l’on peut observer à l’aide d’une loupe. Et bien sûr, sur toute la surface visible de l’image de l’objet. Sinon ce serait trop simple (ironie bien sûr), un bon objectif, une bonne lumière, un bon Single Shot avec l’ouverture adéquate et c’est parti pour les 300 objets !

Fin du bla-bla anecdotique qui peut être zappé.

Ne souhaitant pas rentrer dans des débats interminables, je ne dirai pas pour quelle occasion je trouve la technique du Focus Stacking gerbissime (le paysage ! Ah, ben trop tard, je l’ai dit). Non, je ne le dirai pas (oui, bon, OK, c’est vrai, je l’ai dit) car chacun ses goûts et le but n’est pas ici de philosopher sur les pratiques de la photo. Et encore une fois, à chacun ses mauvais goûts !

Ce paragraphe aussi, vous auriez pu le zapper. ;)

Focus Stacking pour la macro OK, mais alors comment s’y prendre ?

Le plus simple en terme d’équipement, mais le plus compliqué en terme de technique et de réussite : 

Les insectes vivants “In field” à “main levée” en pleine journée et toute chose pouvant bouger lors du processus ou disparaître en un éclair :

Le matériel minimum conseillé : Le boîtier (hybride ou reflex), un flash, tout système optique se rapprochant au maximum du rapport de grandissement d’au minimum 1:1… Et le photographe.

Installer beaucoup de matériel demande du temps que l’on n’a pas, donc il faut agir vite et on ne peut pas trop peaufiner mais autant que faire se peut, il faut utiliser de quoi diffuser la lumière. Généralement, le DiY fonctionne très bien.

La technique, une fois le réglage d’exposition effectué, consiste à prendre une série de photos en rafale en tenant fermement son boîtier et en faisant un mouvement d’avance puis recul du corps entier du photographe vers le sujet. Ce n’est pas le boîtier seul qui avance et qui recule vers l’insecte au bout de vos bras tendus. Le résultat aurait de fortes chances d’être déplorable. C’est une vraie technique à maîtriser. Cette avancée et ce recul doivent être faits en gardant toujours le même axe. Et ce doit être fait de la manière la plus fluide possible. Et juste pour le plaisir parce que je sais à quoi vous pensez depuis, si on avance quand il recule, comment veut-… Voilà, comme ça, ça, c’est dit et on se concentre à nouveau.

Avec cette technique, dépasser les 11 à 13 images est très difficile. Et arriver au rapport 3:1 est une gageure. Dépasser ce rapport 3:1 à main levée est impossible pour la majorité des personnes. Non seulement cette technique devient pratiquement impossible, à part pour les plus habiles, mais en plus, l’apport de lumière nécessaire et le diffuseur sont un souci supplémentaire.

Toujours avec les insectes vivants, il y a une autre possibilité d’utiliser le Focus Stacking :

Insectes vivants,“ In Field”, et rail macro :

Concernant la difficulté ou facilité, c’est très discutable puisqu’il s’agit de photographier l’insecte lorsqu’il est endormi/ engourdi le matin de bonne heure. 

Le côté légèrement plus facile est que l’insecte est encore endormi ou est engourdi par la fraîcheur, donc vous aurez légèrement plus de temps… Légèrement… et vous pourrez installer plus de matériel. 

Soyons fous, allons jusqu’au trépied équipé d’un rail macro ou micrométrique sur lequel un boitier sera monté avec son système optique. Il y aura également un système de flash diffusé (bien que vous pourrez profiter d’une très belle lumière naturelle, rasante, si vous ne montez pas trop dans les rapports de grandissement). La technique sera donc plus facile puisqu’il faudra “simplement” gérer votre matériel mais il n’y a pas de mouvement technique de votre part… cependant la difficulté sera de réussir à tout installer, tout configurer, et finir la séance avant que l’insecte ne se réveille et s’échappe. Et il y a fort à parier que lors de vos premiers essais, l’insecte ne se réveillera pas tout seul grâce aux rayons du soleil qui l’activeront, mais bien grâce à vos gros sabots. Et oui, c’est difficile, souvenez-vous que vous devez être au plus près avec tout ce matériel !

Pourquoi une séance avortée a de fortes chances d’être ratée (en tout cas par rapport à ce que vous espériez) ?

Parce que vous faites du Focus Stacking, donc vous profitez de pouvoir augmenter la profondeur de champ grâce à l’avancée physique du matériel sur l’axe Z, pour réduire votre ouverture aux alentours des f/5,6 ce qui en moyenne offre le meilleur piqué… Mais réduit considérablement la profondeur de champ déjà ridiculement basse des clichés individuels. Du coup, vous n’avez pas beaucoup d’images, donc finalement, pas beaucoup de profondeur de champ. C’est ballot ! Et vous vous dites, si j’avais su, j’aurais shooté une fois à f/16.

Mais bon, consolez-vous, vous êtes sorti et vous avez vu une belle mouche à merde sous les gouttes de rosée… avant qu’elle ne disparaisse aussi vite que lorsque la petite sirène a vu Shrek nager tout nu (ce n’était pas Shrek, c’était moi, mais chut).

Rassurez-vous, vous êtes dur avec vous, et tant mieux, mais rien qu’avec ces quelques clichés, ça plaira à du monde.

Les résultats obtenus de cette manière, lorsque la séance est menée à terme donnent pour moi les plus beaux résultats. Tous types de Focus Stacking confondus.

Avec ces deux techniques, vous avez lu système optique, et rail macro/micrométrique mais ces points n’ont pas été développés. Cela est dû au fait qu’il y a énormément de choix, donc de possibilités de paramétrages, et vous ferez le votre en fonction de votre budget, de vos envies, de votre sensation d’être capable d’utiliser tel ou tel matériel, donc tout ne peut pas être décrit. Je ferai une description très précise d’un setup que j’utilise, et de ses réglages, dans les paragraphes suivants.

Quoi qu’il en soit, le système optique peut s’agir d’un objectif spécialisé macro, d’un objectif avec bonnettes, d’un objectif avec tube(s) d’allonge (bague(s) d’extension), d’un objectif avec bague d’inversion, d’un système avec soufflet et objectif de microscope optique, etc. Dans tous les cas, chaque système a ses avantages et ses inconvénients, et cela a plus à voir avec un sujet pouvant s’intituler “Quel matériel utiliser pour de la macro ?”. Cela ne sera donc pas décrit en détails ici.

Maintenant, parlons d’une troisième utilisation du Focus Stacking, celle que j’utilise 9 fois sur 10… Ou plus 😉

Le Focus Stacking en studio :

Le niveau de difficulté : Très facile (beaucoup plus qu’en extérieur) ou tout simplement impossible. Les raisons seront expliquées après le matériel mais dépendent clairement du choix du sujet et de l’“éthique”.

Déjà, pour ceux qui voudraient se lancer, rassurez-vous, c’est un terme signifiant Focus Stacking en intérieur… ça peut être chez vous bien au chaud, dans votre chambre, dans votre salon, sur la table de la cuisine, dans votre cave bref, vous n’êtes pas obligé de vendre votre villa si vous en possédez une pour aller habiter dans un studio afin de pratiquer notre passion assis sur un clic clac qui sépare la cafetière des toilettes… Ou vous n’êtes pas obligé non plus d’avoir votre studio photo professionnel à cause duquel vos enfants auront moins de cadeaux à Noël, et ils commenceront par apprendre que la petite souris n’existe pas… Donc à la prochaine dent de lait qui tombe, c’est pas la peine qu’ils viennent chercher deux balles. 

Ce qui est sûr, c’est que ça veut dire que pour prendre vos photos, vous ne serez pas à plat ventre dans un champ à 7h du matin avec des herbes qui vous grattent le nombril parce que vous avez encore mis un sweat un peu trop court… pendant que des tiques essaient de vous planter leur rostre dans vos mollets dodus tout ça parce que vous avez cru opportun de sortir en bermuda… Mais bon, il fallait bien ça pour compléter la panoplie.

Une chose importante en tout cas, concernant votre “Focus Stacking en intérieur” c’est que peu importe où vous montez votre banc, essayez de le faire dans une pièce calme, avec 1 m² qui lui est réservé. Selon où vous habitez, vous n’aurez peut-être pas le choix car si sérieusement vous êtes dans un studio, vous ferez bien comme vous pouvez, mais si vous avez du choix, choisissez une pièce très calme pour votre concentration car la séance va durer longtemps, mais aussi pour éviter les claquements de portes qui créent des vibrations (véritables ennemies), et des courants d’air selon la configuration de la pièce (véritables ennemis), les secousses dans votre banc (ennemi mortel et maudit sur 7 générations), bref, tout ce qui pourrait créer des vibrations suffisantes pour vous faire rater la séance. Imaginez bien qu’en reflex on travaille avec le verrouillage de miroir pour éviter les vibrations, donc vous vous rendez compte de ce que peut donner un coup de pied dans la table ou le trépied servant à votre installation.

Le matériel à utiliser, par rapport aux séances de Focus Stacking en extérieur, diffère par l’utilisation quasi systématique du rail, donc la présence de celui-ci dans la configuration de base. 

Pour un banc complet, ça peut aller de la configuration utilisée en extérieur, jusqu’à un système comme le mien (ou plus démesuré encore, mais je n’ai jamais vu). 

Rentrons dans le vif du sujet parce que franchement, il était temps !

Mon “studio”, mon matériel, la technique que j’utilise, les raisons de mes choix… :

Mon installation est dans un endroit calme, il s’agit de mon “labo”. Ma pièce dédiée à mes élevages d’insectes. Les élevages occupent 2 côtés perpendiculaires de la pièce, et mon installation occupe tout un troisième côté (le quatrième côté est le mur au milieu duquel se trouve la porte, donc cette partie-là n’est pas trop utilisée).

Du côté photo, y a donc le banc macro, puis la partie atelier pour tout ce qui est montage de matériel et création de décors ainsi que préparation d’insectes, puis la partie informatique/Imprimantes reliée au banc macro. 

Détails du banc : 

Le support est une planche Thorlabs en aluminium anodisé. Elle est percée tous les pouces (2,54 cm), sur toute la surface. Les trous sont filetés aux normes 1/4’’-20. La dimension de cette planche est de 24’’ X 48’’ X 0,5’’ (soit 60,96 cm x 121,92 cm x 1,27 cm). Son poids est de 27,22 kg.
Pourquoi en pouces ? Simplement parce qu’en photo, on utilise une visserie aux normes du système Impérial (1/4’’-20 pour la plupart du matériel et 3/8’’ pour rotules et trépieds) et non métrique, donc pour retrouver des trous aux mêmes normes, il fallait choisir la table en version “Impérial” (il y a l’équivalent en version métrique, mais les trous sont donc taraudés au M6, très légèrement différent mais incompatible).

Cette planche est sur une structure en acier, sur mesure, de 56,88 kg venant du même fabricant. Elle ne repose pas directement dessus, et elle est isolée par des plaques de sorbothane d’1/2’’ recouvrant toute la surface du cadre de support. Cette matière est un excellent isolant antivibrations.

Cela fait donc pour le support de matériel, une base lourde (85 kg, sorbothane compris), stable, quasi exempte de vibrations, et extrêmement précise pour la fixation de matériel (c’est du matériel utilisé pour les travaux avec les lasers).
Elle est réglée au niveau. Le sol ayant une infime inclinaison.
L’importance d’avoir une installation à niveau n’est pas pour l’appareil photo car je peux modifier l’inclinaison de ce dernier, mais pour les cas de Shooting où il y aurait un liquide dans la composition.

Sous la “table”, tous les câbles, multiprises, rallonges, adaptateur secteur, Hub USB, sont fixés. Un seul fil électrique part pour aller se brancher sur la prise murale, et un seul câble USB part vers l’ordinateur. C’est le plus net possible.

Sur cette “table” tout mon matériel est fixé à l’aide de couples plateau(queue-d’aronde)/clamp de désengagement rapide.

Les éléments entre le support et le matériel servant à la prise de vue (rail/boîtier/optique) doivent être, dans la mesure du possible, réduits au minimum utile, mais parfois, les complications sont nécessaires pour obtenir tous les réglages désirés.

Les plateaux : ils sont fixés fermement sur la planche. Celle-ci permet de les fixer très précisément aux endroits désirés, en respectant précisément les écarts entre eux (cette planche étant un matériel utilisé pour les lasers, la précision s’exprime en microns)…
Ils permettent avec l’utilisation des clamps de déplacer le matériel où l’on veut sur la planche, de moduler le banc, sans utiliser d’outils.
Selon le matériel et ce que l’on souhaite en faire, il y a dans cette installation, des combinaisons de plateaux et de clamps assez spéciaux comme des clamps rotatifs, des doubles clamps, des clamps en équerre, des double-queue d’aronde etc. Tout ceci permet également d’enlever une partie de l’installation afin de l’assembler sur un trépied pour le Stacking “In Field”.

Le banc est divisé en deux parties : la partie de droite pour le Shooting à l’horizontale, Et la partie à gauche pour le Shooting à la verticale ; Pour mon travail avec avec un entomologiste, je peux avoir à faire des Shooting dans tous les sens, et je ne veux pas passer mon temps à démonter dans un sens pour remonter dans l’autre durant les heures de travail.
Certains échantillons sont minuscules et doivent être posés et shootés dans une certaine position et ne peuvent absolument pas être inclinés, redressés, ou quoi que ce soit qui les changerait de la position dans laquelle ils sont. Là, on ne peut pas s’adapter à l’installation, mais c’est l’installation qui doit s’adapter au sujet.

La partie de gauche, la moins utilisée, est composée de trois rails micrométriques électroniques de la marque Cognisys, de leur contrôleur Stackshot 3X, et pour les lumières, de trois panneaux Led diffusant, à 5500 K de la marque Yuognuo (deux YN600 Air Pro et un YN300 Air).
Un rail sert à éloigner ou rapprocher (monter et descendre) l’appareil photo du sujet. C’est l’axe Z, celui qui sert au Focus stacking.
Ce rail est fixé dans le sens de la hauteur sur un rail chargé du déplacement gauche/droite de l’appareil photo par rapport au sujet. C’est l’axe X. Celui qui à l’image déplace le sujet sur le plan horizontal.
Et le troisième rail sert à déplacer le sujet perpendiculairement à l’axe de l’objectif, sur l’axe Y. Celui qui à l’image déplace le sujet sur le plan vertical.

La partie de droite quant à elle est composée de trois rails micrométriques électroniques Cognisys, de deux tables rotatives Cognisys et de deux contrôleurs Stackshot 3X. De ce côté de la table, les contrôleurs sont fixés sous la planche, et le reste du matériel sur la planche, abrité dans ce qui me sert pour la lumière : une solide et efficace Lightbox “faite maison” @>25000lm et 5500K. L’IRC est de 93+

Cette Lightbox est faite d’un panneau gauche, un panneau droit, un panneau de fond, et un panneau supérieur. Ce qui représente le sol, c’est la planche, et il n’y a pas de panneaux avant car c’est là où il y a l’appareil photo.
Les panneaux gauche, droit, et supérieur sont faits de manière identique :
Pour chacun de ces panneaux, il y a une plaque extérieure en plexiglas noir brillant (pour le look extérieur) 3 mm d’épaisseur, du vide, et une plaque intérieur en plexiglas blanc ultra diffusant spécial led/ spécial photo 3 mm d’épaisseur.
La partie interne de la plaque extérieur noire, c’est-à-dire la paroi de cette plaque qui renvoie vers l’intérieur de la Lightbox, est entièrement tapissée d’adhésif ignifugé ressemblant à du papier aluminium, et deux rampes de puissantes leds SMD y sont fixées.
C’est donc cette paroi qui envoie de la lumière vers l’intérieur de la Lightbox. Mais avant d’arriver dans cette Lightbox, la lumière va d’abord passer par la plaque intérieure, le blanc diffusant, du panneau en construction “sandwich” (plaque de plexiglas, rampes de leds, vide, plaque de plexiglas).
Une partie de la lumière va être réfléchie par le blanc à l’intérieur du sandwich-même, et cette réflexion va être à son tour réfléchie par l’adhésif en “aluminium”. Cela va donner un effet encore plus diffusant du panneau blanc et va éviter au maximum les Hotspots.
Pour diffuser encore plus cette lumière, qui peut l’être car elle est très puissante même si elle est diffusée, je dispose à l’intérieur de la Lightbox une galerie en papier calque sous laquelle les sujets à photographier sont placés.
Suivant la quantité de lumière et la diffusion à obtenir, il est très facile par rapport à sa “construction”, d’éloigner ou de rapprocher la galerie de “la scène”. Plus on éloigne le diffuseur de la source de lumière, plus la lumière est diffuse et perd en intensité… donc, l’inverse est vrai aussi.
Le panneau du fond est une plaque réfléchissantes en plexi blanc ultra glossy 6 mm d’épaisseur.

Les rails et tables sont répartis comme suit :
Le rail de l’axe Z, celui du Focus Stacking, est situé sur la face avant, l’entrée de la Lightbox.
Sur ce rail est fixé une table rotative en position Tilt, pour l’inclinaison vers le haut ou le bas de l’appareil photo. C’est sur cette table rotative que se trouve l’inséparable couple boîtier/objectif.
En face de cet ensemble, dans le fond de la Lightbox, se trouve un rail servant à l’axe X, pour le déplacement horizontal du sujet.
Sur ce rail est fixé dans le sens de la hauteur le rail de l’axe Y, pour le déplacement vertical du sujet.
Et sur ce rail enfin, est fixée une table rotative pour la rotation du sujet.
Tout ceci permet donc d’avancer et reculer l’appareil photo, de l’incliner vers le haut ou vers le bas, de déplacer le sujet de haut en bas et de droite à gauche, ainsi que lui faire faire une rotation.
Ces cinq mécanismes ont besoin de 2 contrôleurs car un contrôleur ne peut gérer que trois axes simultanément (ainsi que deux appareils photo, ou un appareil et un flash).

Comment faire bouger tout ceci ?
Les rails et/ou tables rotatives sont paramétrés et contrôlés par un contrôleur Stackshot 3X. Un boîtier capable de gérer trois axes, ou pour être tout à fait exact, trois moteur pas-à-pas qui mettront les axes en action.
Pour les axes, on pourra choisir de connecter la combinaison de matériel que l’on veut, c’est-à-dire un rail ou une table, ou un rail et une table, ou deux rails et une table ou deux tables et un rail, ou trois rails, ou trois tables. Il existe aussi un grand rail d’un mètre mais il ne servira jamais en macro.
Le Stackshot 3X a également 2 sorties pour déclencher un appareil photo et un flash, ou deux appareils photo.
Ce contrôleur peut fonctionner en mode autonome grâce à son écran tactile, son logiciel interne, et la possibilité de connecter une batterie. Pratique pour le terrain. Mais il peut également être contrôlé par l’ordinateur grâce à une interface logicielle disposant de toutes les fonctions du logiciel interne. C’est de cette manière que je l’utilise.
Il y a évidemment un mode pour le Stacking, mais il y en a également un pour le panorama, jusqu’au panorama gigapixels, un pour la création d’objet virtuel 3D, et un pour le Timelapse avec mouvement de l’appareil photo.
Je ne parlerai que de la partie Stacking afin de rester cohérent avec le sujet.
Tous les axes peuvent être contrôlés à l’aide de curseurs et l’appareil photo et le flash déclenchés par un bouton, mais tout peut être paramétré pour exécuter une série de tâches automatisée.

Pourquoi est-ce qu’une séance peut-être impossible ?
Pour expliquer ce que je disais avant de décrire le matériel, je dirais tout simplement que maintenant que vous avez compris comment est fixé le matériel, vous pouvez imaginer facilement que si l’insecte sort du “champ de vision” de votre objectif et/ou se déplace au-delà de l’amplitude de mouvement de votre matériel, celui-ci devient inutile.
Évidemment, en “main levée”, il est difficile de shooter en Stacking, mais vous pouvez toujours vous décaler lentement, vous plier, vous tourner, afin de suivre l’insecte et recommencer, alors que dans une installation fixe, le sujet doit absolument rester là où vous l’avez placé. Si la bête n’est pas calme, il n’y a même pas une chance de réussir un petit Stacking par accident.

Et en ce qui concerne l’éthique, ça dépendra du photographe : vous pouvez tuer votre insecte, ou le droguer ou le refroidir… Personnellement, j’aime trop les insectes pour les tuer, et ça m’est déjà arrivé de les droguer ou les refroidir à de rares occasions, mais je ne le fais plus car je trouve que cela reste quand même un mauvais traitement sur un être vivant pour mon plaisir personnel. Ça lui fera peut-être des histoires à raconter à ses petits-enfants, mais bon…

Du coup, je travaille principalement sur des insectes morts sur lesquels on effectue des tâches “conséquentes” de restauration afin de lui rendre un maximum de son esthétisme originel. Il y a pour cela une préparation décrite dans cet article, ainsi que de la création d’un décor… décrit dans le même article. Ce décor et cette préparation ont pour but de donner un maximum de réalisme et de “vie” à la photo.

Quant à cet excès de matériel, qui n’est absolument pas nécessaire si l’on désire faire une simple session de Stacking, car à ce moment-là, un rail pour l’axe Z suffit, étant tétraplégique, il sert à compenser mon handicap. Tout ce que je ne peux déplacer à la main, je le déplace grâce au contrôle des axes. Au final, c’est sûr, j’ai un contrôle plus précis et rapide que si j’avais été valide.

Exécution d’une session de Focus Stacking sur une scène créée, avec insecte préparé :

I Le shooting :

1. Mise en place :

Une fois mon décor créé et mon insecte prêt, je prends entre quelques minutes et une heure pour disposer ce dernier de la meilleure manière possible dans la mini scène. Il ne faut pas hésiter à travailler sous la lampe avec une loupe à fort grossissement ; il faut vérifier que toutes les pattes reposent, que rien ne gêne la vue, qu’il ne reste pas de saletés… Ceci fait, En fonction de la taille de ce que j’ai à photographier, je choisis mon objectif. Généralement, lorsque je dois utiliser un rapport de grandissement de 1:1, j’utilise le EF 100mm f/2.8L Macro IS USM, et de 2 jusqu’au rapport 4:1, le MP-E 65mm f/2.8 1-5X Macro Photo. À partir de 5:1, j’utilise un système optique à objectifs de microscope corrigé à l’infini.

Pour savoir si cela va être 1:1 ou plus, il suffit de voir la taille du décor. S’il s’approche de 3,6 cm de large, ce sera du 1:1, et plus il est petit, plus on pourra aller dans de grands rapports de grandissement.

Que ce soit l’un ou l’autre des objectifs, ce sont eux qui sont fixés grâce à leur collier de pied ou système équivalent, et je raccorde l’appareil photo. Ce n’est pas l’appareil photo qui est fixé au système de Focus Stacking. On gagne en stabilité et on évite les vibrations. Le MP-E 65 en 4 et 5:1 par exemple, est très long.
Mes boitiers sont l’EOS 5D Mark IV et le Sony A7R III.
Maintenant que je ne risque plus de faire de mouvements capables d’envoyer valser le décor, je le place sur la table rotative face à l’objectif. Là, j’allume la Lightbox et je place la galerie avec diffuseur.
J’allume mon reflex et les contrôleurs.
À partir de maintenant, c’est sur l’ordinateur que ça se passe.

2. Prévisualisation, réglage de l’objectif, choix de la profondeur de champ :

Pour vérifier l’image et faire les réglages du reflex (ou de l’hybride), j’utilise EOS Utilty (ou Remote pour le Sony) que je relance, suivi du logiciel StackShot3X. Appareil photo et contrôleurs sont connectés à l’ordinateur en USB. Les deux ont le Wi-Fi, mais pour un maximum de fiabilité et de vitesse, j’utilise les bons vieux câbles. Le reflex (ou l’hybride) est également relié au contrôleur par la prise de télécommande pour le déclenchement.
La première chose que je fais est d’ouvrir le Liveview et régler l’appareil photo, qui rappelons-le est en mode Manuel et enregistre les fichiers en RAW. Je règle les ISO à 100, l’ouverture sur f/16 et la vitesse d’obturation de manière à avoir assez de lumière pour une première vérification de la composition sans être surexposé. Travailler en Liveview est bien pour éviter les vibrations dues aux mouvements du miroir et avoir continuellement un aperçu de ce que vous faites.
Maintenant, pour faire la mise au point, j’utilise le curseur de l’axe Z du logiciel StackShot, soit en étant dans l’onglet “Stack”, soit en étant dans
l’onglet “Move” :

Je n’utilise ni l’Auto Focus, ni la bague de mise au point manuelle de l’objectif avec le 100 mm, et le MP-e65 est quant à lui complètement manuel donc la question ne se pose pas, et il en va de même pour les objectifs de. microscope. J’avance donc le rail sur lequel se trouve l’appareil photo jusqu’à obtenir la tête de mon insecte nette, le plus important étant bien entendu les yeux. Je sais que l’image prise aura une profondeur de champ plus étendue que celle que le LiveView me laisse entrevoir. Je vérifie mon image et procède à tous les ajustements (décalage haut/bas/gauche/droite/rotation de ma scène, et inclinaison de l’appareil photo). Les deux tables rotatives sont connectées à un contrôleur, et les trois rails à un autre. À chaque ajustement, un petit cliché pour vérifier. Une fois que le cliché me paraît correct, en fonction de la taille du sujet et du décor, je choisis mon rapport de grandissement s’il peut être supérieure à 1:1.
Une fois que le grandissement me convient après vérification par prise de vue, tout en gardant mon ouverture à f/16, je fais trois ou quatre clichés supplémentaires en avançant légèrement sur l’axe Z afin de vérifier que ma scène me convient sur toute sa profondeur.
Si tout est bon, alors, je décide de l’étendue de ma profondeur de champ : je choisis de donner soit, à l’aide d’une profondeur de champ plus restreinte, un flou qui donnera un côté vivant, naturel, à l’insecte, soit au contraire une profondeur de champ étendue et un insecte très statique, mais une qualité analytique servant plus à se faire une idée de l’anatomie de l’insecte qu’à la photo d’art. Généralement, lorsqu’il y a un décor, c’est pour redonner un côté vivant, donc je limite un peu la profondeur de champ, et lorsque je veux quelque chose de statique, analytique, j’utilise un fond uni.
Maintenant que j’ai décidé qu’elle allait être à peu près ma profondeur de champ, les choses sérieuses commencent.

3. Le paramétrage du boîtier reflex (ou hybride) et du contrôleur d’axes :

a) Le boîtier :

J’ai vu ma scène et elle me convient, mais maintenant, je dois régler l’appareil photo pour avoir un maximum de piqué, je vais donc devoir ouvrir bien plus. f/16 était très bien pour me rendre compte rapidement de ce que j’allais photographier, mais cela n’offre pas les meilleures performances en terme de détails bien piqués. En revanche, la lumière que j’avais me convenait. Pour la conserver tout en ouvrant plus, je vais donc utiliser le “Triangle d’exposition” : j’ouvre entre f/4 et f/5,6, ouvertures qui selon moi m’offrent les meilleurs résultats, je conserve les ISO à 100 pour éviter le bruit au maximum, et j’augmente la vitesse d’obturation de manière à perdre le nombre de stops équivalents à ceux que j’ai gagnés en ouvrant plus (généralement entre trois et quatre stop).
En faisant cela, je perds évidemment de la profondeur de champ mais je la rattrape avec le Stacking. Cela dit, cela aura quand même une incidence sur le fond du décor. Je rattrape la profondeur de champ pour l’objet principal, mais à partir du moment où la zone de netteté s’arrête, tout l’arrière sera donc beaucoup plus flou qu’avec une ouverture plus petite réglée sur l’appareil photo. Et le passage de la zone de netteté à la zone floue est assez brutal.
L’exposition étant maintenant réglée, il est temps de paramétrer StackShot3X pour la séquence de Stacking.

b) Le contrôleur :

Tous les choix d’ouverture, de rapport de grandissement, de taille du capteur (Full Frame ou APS-C…) ont une incidence directe sur la profondeur de champ : plus le capteur est grand, plus la profondeur de champ est faible ; plus l’ouverture est grande, plus la profondeur de champ est faible ; plus le rapport de grandissement est important, plus la profondeur de champ est faible. Comment y remédier ? En réglant la bonne distance à parcourir entre chaque photo.
Cette distance doit être inférieure à la profondeur de champ.
Exemple : Si notre profondeur de champ ne mesure que 100 microns, la distance entre chaque prise de vue devra être inférieur à 100 microns.
Il faut trouver une valeur permettant d’avoir un bon chevauchement des clichés ; en panorama on estime qu’il faut environ 30 % en commun entre les clichés, ici ça doit être dans le même ordre d’idée.
On pourrait s’embêter à calculer la profondeur de champ à chaque nouveau réglage, ou utiliser un calculateur (il y en a sur Internet) qui nous dira la taille de pas idéale (distance à parcourir entre chaque photo) à paramétrer en fonction du capteur utilisé, du rapport de grandissement et de l’ouverture choisis. Cela tiendra compte de la profondeur de champ et du chevauchement des images.
Obtenir ce chiffre est très important pour le réglage du Stackshot. C’est une donnée déterminante, le mode d’utilisation idéal étant celui où l’on spécifie notre distance totale à parcourir et la taille des pas
Décortiqué, cela veut dire que dans ce mode, on règle l’étendue totale de notre profondeur de champ, et la profondeur de champ de chaque photo constituant la profondeur de champ totale.

Une fois ces chiffres obtenus, on est serein, mais avant d’entrer ces paramètres, on se les garde sous le coude et on va en rentrer d’autres.

On quitte donc l’onglet Stack ou Move du logiciel, qui nous a permis jusqu’à maintenant de déplacer le rail pour la prévisualisation, pour se rendre dans…

L’onglet Config :

Ici, tout d’abord, on va régler le “Mode Global ” sur “Avancé”, puis, c’est dans ce panneau que l’on va régler le nombre de fois où l’obturateur va se déclencher à chaque pas ; le délai à attendre avant de déclencher l’obturateur après chaque pas (pour laisser passer les vibrations) ; le temps de pose que l’on a choisi sur l’appareil photo (pour que le rail ne se déplace pas avant que l’appareil photo ait finit sa prise de vue) ; le temps d’inactivité après une prise de vue ; l’utilisation d’un appareil photo ou deux ou un appareil photo et un flash ; l’affichage ou non du temps restant avant la fin de la séance. Inutile de toucher aux autres paramètres.
Attention à bien sélectionner la bonne unité de mesure dans chaque menu déroulant. Pour plus de facilité, j’utilise les secondes.

Retour à l’onglet Stack :

Ici, comme il s’agit de faire un simple Stacking sur l’axe Z (on pourrait choisir de faire un Stack panorama, en utilisant au moins deux axes, mais occupons-nous d’un Stack simple), on va régler “Global Mode” sur “Single Axis”, puis “Stack Mode” sur “Auto Distance”. C’est ce mode dans lequel on spécifie un point de départ et un point d’arrivée pour la profondeur totale, et la taille de pas entre chaque photo.
Dans “Axis”, on va sélectionner la lettre du connecteur sur lequel on a branché le rail servant au Stack. Il y a trois connecteurs, donc trois lettres : XYZ. Pour le Stack, on utilise le terme axe Z, mais en ce qui me concerne, je l’ai connecté sur X car c’est le premier rail que j’ai eu, donc je l’ai branché sur le premier connecteur, et ça n’a jamais changé. De toute façon, c’est le premier proposé, donc, ça ne nous emmêle pas les pinceaux.

Dans distance, nous ne rentrons pas la distance totale à parcourir, mais la taille du pas… Celle que l’on a obtenue grâce au calculateur et que l’on a gardé sous le coude… Il est temps de l’enlever de dessous le coude et de l’entrer ici. À côté de ce champs dans le menu déroulant, il est très important de sélectionner la bonne unité de mesure (microns ou millimètres).
Maintenant, avant dernière étape, cruciale, on utilise le curseur situé à droite pour avancer l’appareil photo jusqu’au point où l’on voudra notre début de zone de netteté. On prévisualise tout ça à l’aide du Liveview et un petit cliché pour vérifier,

et quand on est au bon endroit, on le précise au logiciel comme étant le point de départ de notre Stacking en cliquant sur “Set” situé sur la ligne de “Start Position”.

Vous remarquez que l’on n’entre pas à la main de point de départ, mais que celui-ci s’inscrit tout seul une fois qu’on l’a sélectionné.

Enfin, dernière étape avant le lancement du processus, on utilise à nouveau le curseur pour avancer jusqu’au dernier point que l’on désire net, et mieux vaut aller un peu trop loin que pas assez. On pourra toujours supprimer les quelques clichés de trop avant de les empiler. Quand on est au point désiré, après vérification en image,

on le précise au logiciel comme étant la position d’arrivée, en cliquant sur le bouton “Set” situé sur la ligne “End position”.

Et comme pour le point de départ, vous remarquez que la valeur a été entrée par le logiciel.
À ce moment-là, le rail reviendra au point de départ puis commencera automatiquement la séquence, que vous pourrez interrompre n’importe quand en cliquant sur le bouton “STOP” :
Photo -> Temps de repos après la photo -> Avancée du rail -> Temps de repos pour éliminer les vibrations -> Photo -> ainsi de suite jusqu’au dernier cliché -> Retour automatique du rail au point de départ -> Arrêt de la séquence.
Le nombre total de photos sera la distance totale (Dt) divisée par la distance du pas (Dp) plus une. Dt/Dp +1
Par exemple, votre distance totale à parcourir mesure 1 cm (10mm), et votre pas mesure 100 microns (1/10 de millimètres). Vous aurez 101 photos. Pourquoi pas 100, puisque 10 × 10 = 100 ? À cause de la photo prise à la position de départ… D’où le plus +1 dans la formule. Et la distance totale, si vous vous demandez comment elle est calculée, c’est simplement la différence entre la position de départ et la position d’arrivée. Les 2 valeurs entrées par le logiciel.

II L’empilement :

Maintenant que l’on a nos fichiers, c’est bien, mais il faut traiter tout ça. L’empilement et le post traitement ne vont pas se faire tout seul.
Les logiciels que j’utilise pour tout ce qui va suivre sont exclusivement ZereneStacker pour l’empilement logiciel à proprement parler ainsi que la retouche manuelle de l’empilement, Bugslabber pour l’automatisation de certaines tâches sous Zerene (les fameux Batch), Lightroom pour un léger traitement de la lumière avant l’empilement, puis pour le post traitement, et Photoshop pour la retouche (halos, poussières, et poils à enlever).

Première étape, récupération des fichiers dans LightRoom afin d’arranger légèrement la lumière puis synchroniser toute la série. Une fois fait, exporter le tout vers ZereneStacker grâce au Plugin que l’on aura pris le soin d’installer à partir de Zerene. Zerene ne sait pas travailler avec le RAW, donc lors de l’exportation, il y aura une conversion du RAW vers le TIF. On pourrait choisir JPEG, mais le Stacking ayant déjà tendance à dégrader l’image, il vaut mieux travailler en Tiff 16 bits non compressé. Attention, cela générera de gros fichiers et le logiciel d’empilement demandera pas mal de ressources. La conversion de fichiers demande du temps.
Si vous n’utilisez pas Lightroom et que vous voulez importer directement les fichiers dans Zerene, convertissez d’abord vos fichiers, puis une fois vos TIFF obtenus, ouvrez Zerene, puis, “File” -> “Add File(S)” et à vous d’aller chercher où les images se trouvent. Vous pouvez encore glisser tout simplement le dossier contenant les images, ou les images elles-mêmes, directement dans le cadre “Input Files” de Zerene.
On y est, Zerene s’est ouvert, et dans la partie des fichiers Inputs, donc, nos fichiers sources servant à l’empilement, nos Tiff se trouvent tous bien là. À partir de maintenant, il y a plusieurs manières de procéder, de la plus simple à la plus complexe… Tout dépend de notre niveau d’exigence et du nombre de fichiers. Si il y a une petite série, moins de 20 fichiers, autant utiliser les méthodes simples, il n’y aura pas beaucoup de dégradation. Pour des grosses séries, je n’utilise que la méthode qui demande le plus d’étapes mais qui offre les meilleurs résultats.
Tout d’abord, il faut savoir qu’il y a deux algorithmes pouvant être utilisés pour empiler nos photos. C’est à nous de choisir. Mais cerise sur le gâteau, un mix des deux est possible.
Quoi qu’il en soit, avant d’empiler, le logiciel devra aligner les images. C’est une étape très importante. C’est celle qui fait que chaque partie d’une photo se trouve au bon endroit par rapport à la précédente et à la suivante et à partir de là, l’empilement peut avoir lieu.
Lors de l’acquisition des images, s’il y a un peu d’angle dans l’appareil photo, un point qui se trouvait au centre au départ de notre Stacking peut se retrouver décalé vers le haut ou vers le bas à la fin de la série. Le but de l’alignement est de faire que ce point central reste toujours au centre jusqu’à la dernière photo, et que tout comme lui, chaque chose reste à sa place par rapport à ce point. Dans l’exemple dans le visage, s’il n’y avait pas d’alignement, à la fin du Stacking logiciel, le nez finirait au milieu du front et il y aurait toute une traînée au-dessous, les yeux au milieu du crâne et ainsi de suite.

1. Empiler en utilisant la méthode PMax :

C’est la solution la plus rapide et c’est elle qui donne les détails les plus nets pour tout ce qui est contours, poils, ce genre de choses. En revanche, elle dégrade énormément les nuances de couleurs, adieu leur profondeur. Et le fond/décor est bien présent mais assez “sale”. L’image sortira très contrastée. Trop…
S’il s’agit d’empiler une petite série de photos, environ une dizaine, c’est une très bonne méthode. Ça va vite, on fait notre empilement “Stack” -> “Align &Stack All (PMax)”, il n’y a pas besoin de repasser sur les zones ratées car à ce niveau, ça n’en manque pas beaucoup. Et étant donné que la qualité se dégrade au fur et à mesure qu’il y a des fichiers, 10 photos ne sont pas suffisantes pour vraiment dégrader l’image finale.
Une fois notre empilement terminé, un fichier Output apparaît, c’est notre photo finale avec la grande profondeur de champ. On pourrait se contenter de sauver ce fichier (“File” – > “Save Output Image(s)” ), et ça y est, on a effectué notre premier “Focus Stacking”.

2. Empiler en utilisant la méthode DMap :

C’est la solution la plus longue des 2, elle demande plusieurs essais car à la différence de PMax, il y a des paramètres à régler, et les premiers ne sont pas toujours bons. Les détails ne sont pas tous toujours très nets mais c’est celle qui respecte le mieux les couleurs et leurs nuances.
Pour cette méthode, avant de lancer le Stacking, il faut aller faire un tour dans Options -> Préférence -> DMap Settings et là, régler l’“Estimation radius” c’est au final ce qui va définir la qualité des détails (contours, poils…). Ce sont généralement les valeurs entre 7 et 15 qui me servent le plus. Le paramètre “Smoothing Radius” se règle en fonction du précédent et prend sa moitié comme valeur. Autant ne pas toucher ceci.
La case “Use preset contrast treshold” doit être décochée. Elle vous permettra d’ajuster ce paramètre à mi-chemin. Grossièrement, c’est un paramètre qui sert à spécifier au logiciel où est la zone floue et où est la zone nette, en noircissant la zone floue à l’aide d’un curseur (comme le masquage dans Lightroom, lorsqu’on utilise l’augmentation de la netteté) pour savoir quelle partie devra être traitée de quelle manière.

Une fois le radius réglé, et la case décochée, on peut fermer les préférences, et lancer le Stacking. “Stack” -> “Align &Stack All (DMap)”. Vous verrez le processus aller plus vite que pour PMax, mais une fois qu’il sera passé sur toutes les photos et qu’il aura fait l’empilement, une petite fenêtre de réglage du “Contrast Treshold” surgira. C’est là que vous noircirez la zone floue à l’aide du curseur.

Une fois que vous jugez avoir masqué au maximum la zone floue sans commencer à masquer trop de parties nettes, vous cliquez sur OK, et le processus se lance une nouvelle fois. Cette fois-ci, il affine son passage précédent en sachant ce qui doit être traité comme zone de netteté et ce qui correspond à l’arrière plan flou. N’ayez pas peur, ce passage commence par du noir absolu, puis il découvre de plus en plus de zones jusqu’à la photo finale.
Vous verrez qu’il y a beaucoup moins de bruit dans le décor qu’avec la la méthode précédente, le décor est également plus flou. Vous pouvez remarquer aussi la différence qu’il y a dans les couleurs entre cette méthode et la méthode précédente… Mais les lacunes sont dans les détails.
Si vous êtes satisfait du résultat, sauvegardez votre “Output” ; si vous trouvez que les détails sont vraiment bâclés, reprenez tout depuis le début de cette méthode, en allant changer l’estimation du Radius dans les préférences. Vous finirez par tâtonnements par trouver le bon réglage. Le résultat sera sûrement plus beau qu’avec la première méthode. Mais c’est plus long.

Si vous faites plusieurs essais, sélectionnez l’image résultante ayant la meilleure qualité et sauvegardez-la ; sélectionnez le fichier dans “Output images” puis cliquez sur “File” – > “Save Output Image(s)”.

3. Le mix des deux :

À partir du moment où vous vous lancez dans ces méthodes un peu plus sophistiquées, qui demandent plus de processus de Stacking, au lieu de faire “Align & Stack All” à chaque fois, commencez d’abord par faire “Stack” -> “Align All frames”, et une fois l’alignement terminé, sauvegardez votre projet. N’hésitez pas à enregistrer votre travail de temps en temps afin de ne pas tout perdre en cas de problème.
Maintenant, dans ce projet, à chaque fois que vous voulez stacker, sélectionnez les inputs et cliquez sur “Stack” -> “Stack Selected (PMax)” ou “Stack” -> “Stack Selected (DMap)” (en n’oubliant pas de modifier préalablement les préférences DMap le cas échéant). Cela accélérera le processus de Stacking comparé aux méthodes précédentes.
Utilisez ce que l’on a vu précédemment pour obtenir un Output PMax et deux ou trois Outputs DMap. Comparez bien vos différents Outpouts DMap et ne gardez que le meilleur. Quand vous l’avez choisi, supprimez les autres. Pour ceci, sélectionner ceux à supprimer, puis cliquez sur “File” -> “Remove from list” -> “Outpout image(s)”.
Maintenant, ce que l’on va faire, c’est utiliser le DMap comme image cible, pour la qualité de ses couleurs et le peu de défauts du décor, sur laquelle appliquer les détails et les contours du PMax pour leur netteté. Vous pourrez également appliquer des détails des images sources.
Sélectionnez donc votre Outpout DMap, que vous avez choisi précédemment comme étant le meilleur, et cliquez sur “Edit” – > “Start Retouching”. Après quelques secondes, le cadre qui contient les fenêtres d’images contiendra dans la fenêtre droite le fichier à retoucher (en l’occurrence votre DMap), et dans la fenêtre de gauche, le fichier source que vous sélectionnerez, et à partir duquel vous allez pomper les détails. Les détails que vous copierez à gauche à l’aide du pinceau de retouche s’appliqueront à droite. Ils remplaceront la partie équivalente existante.

Concernant le pinceau de retouche, ce sera tout simplement le pointeur de votre souris qui aura une forme ronde plus ou moins grosse en fonction de la taille que vous choisirez ; Pour l’augmenter, tournez la molette de défilement de la souris dans un sens, et pour la réduire, tournez la molette dans l’autre sens.
Comme tout est aligné, lorsque vous passez sur une zone de l’image, que ce soit celle de gauche ou de droite, le curseur passe exactement au même endroit sur l’autre image. Par exemple, encore dans le cas d’un visage, si vous passez le pinceau de retouche sur le nez dans la fenêtre de droite, le curseur passera précisément au même endroit du nez dans la fenêtre de gauche… vous ne risquez pas d’appliquer sur le nez de la cible les détails de l’œil de la source.
Passez donc sur tous les contours pour remplacer ceux du DMap par ceux du PMax. Évidemment, pour que la duplication s’applique, il faut cliquer sur la souris en même temps que vous la bougez… Si vous vous contentez de la bouger, rien ne se passera.
Passez également sur tout détail que vous voulez modifier, autre que les contours.
À tout moment, vous pouvez changer votre fichier source à partir duquel copier les détails en cliquant simplement sur celui de votre choix. Ça le sélectionnera dans la fenêtre de gauche. Il peut s’agir aussi bien d’un Input que d’un Output. Évidemment, les Inputs n’ont qu’une zone de netteté extrêmement mince, mais c’est la partie originale non dégradée de la zone équivalente du composite de droite.
Si vous voulez annuler une retouche ponctuelle, cliquez sur “Edit” -> “Undo” ou son raccourci clavier équivalent, vous pouvez remonter en arrière jusqu’où bon vous semble. Si vous voulez complètement annuler cette retouche depuis le début, cliquez sur “Edit” -> “Cancel Retouching”. Il faudra alors valider ou annuler votre choix.
Une fois toutes les retouches appliquées, si vous êtes satisfait du résultat, cliquez sur “Edit” -> “Commit Retouching”. Un nouveau fichier s’ajoutera alors à la liste de vos Outputs. Il s’agit de votre DMap retouché. Sauvegardez-le : cliquez dessus puis cliquez sur “File” -> “Save Output Image(s)”. Vous avez votre Focus Stacking, ils ne vous reste plus qu’un petit peu beaucoup de post traitement à effectuer dans vos logiciels préférés.

Lors de la retouche du Stacking dans Zerene-même, pas dans le post traitement de l’image obtenue, vous pourrez vous rendre compte que même avec des Stacks de petites séries, jusqu’à la vingtaine de photos, il peut être fastidieux d’avoir à jongler entre tous les inputs pour corriger les zones mal traitées. Imaginez avec 250 fichiers !
Vous vous rendrez compte aussi qu’au fur et à mesure que le nombre de photos augmente, les halos inhérents au Stacking, et les erreurs de calcul augmentent. Et il devient assez ardu de corriger les zones contenant beaucoup de poils fins. On finit par obtenir une sorte de brouillard dans lequel apparaissent quelques poils. Il faut donc repasser sur ces zones en utilisant les fichiers sources un par un, et c’est long. Une fois encore, imaginez avec 250 fichiers ! De temps en temps, on obtient même pas de bons résultats.

Concernant les halos :
À chaque point donné de la distance à parcourir, tout ce qui est autour d’une zone nette est plus ou moins flou en fonction de sa proximité. Les halos sont l’amalgame de ces zones floues entre chaque zone nette. Ce qui fait qu’ils sont particulièrement présents dans les zones de poils répartis sur une certaine profondeur. Ils ne peuvent pas être complètement ignorés par le logiciel lors du processus d’empilement, puisque le flou, c’est tout de même de la couleur, ce n’est pas “rien”. Et donc, plus il y a de photos, plus il y a de zones floues au total.
C’est pour contrer ce phénomène et pour corriger plus facilement que lors de grandes séries, on utilise les “Substacks”, “sous-empilements” en français, également appelés “Slabs”.

Qu’est-ce que les Slabs ?
C’est une division du nombre total de photos en plusieurs petit Focus Stacking.
Ces petit Stacks serviront de fichiers sources pour le gros stack. Ils remplaceront les fichiers sources individuels.
Concrètement, cela veut dire que si l’on a une série de 100 photos, on la divisera en 10 Stacks de 10 photos. Puis on empilera ces 10 Stacks pour la photo finale.
Idéalement, il faut là aussi un chevauchement de 30 % entre deux Slabs, donc pour 100 photos, on fera 14 Slabs. On aura toujours 10 photos par Slab, mais à part le premier, chaque Slab aura trois photos en commun avec le précédent. Slab 1 = img 01 à 10 ; Slab 2 = img 08 à 17 ; Slab 3 = img 15 à 24, etc.
Cela veut dire que lors de la retouche à l’aide de fichiers sources, ceux-ci auront une profondeur de champ 7 à 10 fois plus étendue que les fichiers d’origine, et seront 7 fois moins nombreux. Cela devient plus facile de corriger les parties souhaitées.
L’avantage aussi est que moins il y a de fichiers, moins il y a d’informations à traiter lors du calcul, moins il y a d’erreurs dans les fichiers de sorties. Tout est réduit en petites séries. Il y aura moins de halos, ils seront plus facilement rattrapables, et il y aura moins de chevauchements incongrus dans les contours.

Tout ça, c’est bien beau, mais comment faire ?

Il y a deux systèmes :

Premièrement, manuellement, en sélectionnant une partie des fichiers d’origine dans la liste des Inputs, puis en les empilant et en recommençant l’opération autant de fois que nécessaire. Il faut évidemment toujours empiler dans l’ordre. On ne peut pas empiler les fichier numéro 1, 9, 16, 43 etc. Il faut que les fichiers se suivent.
Il faudra alors récupérer les fichiers de sorties là où on les aura enregistrés, puis les réintroduire en fichiers d’entrées, et les empiler pour le gros stock. Et à ce moment-là, on agira comme s’il s’agissait de simples fichiers sources… Avec l’avantage qu’il s’agit en fait de Substacks.

Deuxièmement, il y a la solution du “Batch”… Vous savez, le traitement par lots, ces automatisation d’une série de tâches. Et pour ceux qui ne sauraient pas comment créer le script à exécuter, il y a pour ça un petit logiciel qui s’appelle Bugslabber et qui se charge de le faire pour vous. Vous avez juste certaines informations à lui donner comme le nombre de photos par Slab, là où se trouvent les photos… Bref, rien que vous ne sachiez déjà faire.

Maintenant que l’on a vu ceci, penchons-nous sur la méthode que l’on utilise souvent pour :

4. La création d’un bon gros empilement avec Substacks :

On importe les fichiers de la même manière que précédemment (soit par le Plugin Lightroom après les avoir légèrement traités, soit en allant les chercher à l’aide de Zerene, soit en les glissant directement dans Zerene).
Là encore, la première chose consiste à aligner les fichiers et sauver le projet.
Une fois le projet sauvé, on laisse Zerene ouvert, on lance Bugslabber et on clique sur “Chose…” pour le sélectionner. À ce moment-là, une fenêtre d’explorateur de fichiers s’ouvre, naviguez jusqu’à l’intérieur du dossier dans lequel vous avez sauvé le projet et cliquez “Choose”. Le projet est trouvé et est maintenant ouvert dans Bugslabber, vous n’avez plus qu’à entrer les paramètres et sauver le script.

Pour cet exemple avec 95 images, dans le champ “Slab size”, qui représente le nombre de photos par Substack j’entre 10, et dans Overlap, qui représente le nombre de photos en commun entre deux Slabs, j’entre 3. On aura bien notre chevauchement de 30 % entre 2 Substacks. Le nombre total de Slabs s’affiche à côté de ces deux champs. En l’occurrence, 14.
Si l’on coche l’option “Stack every Nth frame”, on pourra renseigner son champ, et cela signifiera que lors du Stack le processus s’occupera de seulement toutes les Xème photos (le nombre que vous avez renseigné). Par exemple, si j’entre 2, il empilera une photo sur 2. Je ne coche donc pas cette case car cette option ne m’intéresse pas.
Dans Stacking Method, je sélectionne PMax.
On ne touche pas aux préférences, elles sont bien réglées, et on enregistre notre script en cliquant sur “Save ZS Batch Script…”. Lorsque la fenêtre d’explorateur de fichiers s’ouvre, sélectionnez le dossier contenant votre projet et donnez un nom à votre script sans caractères spéciaux ni accents.
Je donne à mon script le même nom que mon projet. Seule l’extension sera différente. Mon projet est en .zsj et le script sera en.xml.

Une fenêtre de récapitulation s’ouvre, vérifiez et cliquez simplement sur OK. Vous pouvez quitter Bugslabber.
Nous sommes de retour dans Zerene. Pour exécuter le script, on clique sur “Batch” -> “Load Batch Script…”. Une fenêtre d’explorateur de fichiers s’ouvre à nouveau, et là, vous naviguez jusqu’à l’intérieur du dossier où vous avez sauvé votre projet et votre script, vous sélectionnez votre script (le nom avec l’extension .xml) et vous cliquez Open.

La fenêtre de Batch s’ouvre, cliquez simplement sur “Run All Batches” et fermez la fenêtre.

Zerene s’attelle maintenant à la tâche et commence toute une série de mini Stackings (nos “Substacks”). Il les enchaîne jusqu’à la fin sans intervention de notre part. Au fur et à mesure qu’un Slab est effectué, il le rajoute aux “Output images”.
Une fois le Batch terminé, supprimez tous les “Output images” et sauvegardez le projet. Pas d’inquiétude, les Substacks sont sauvegardés en bonne place. Ils ne nous intéressent pas en “Output images” qui sont les fichiers de sortie. En revanche, ils nous intéressent en “Input Files”, les fichiers sources, puisque c’est en cette qualité qu’ils vont nous servir à réaliser notre Focus Stacking… Le vrai, le grand, le beau !
Pour cela, il faut à présent cliquer sur “File” – > “Add File(S)” et dans la fenêtre d’explorateur de fichiers qui vient de s’ouvrir, naviguez jusqu’au dossier contenant votre projet. Dans ce dossier se trouve un dossier nommé “SavedImages”, ouvrez-le car c’est dans celui-ci qu’ont été sauvegardés nos Slabs. Il faut tous les sélectionner et cliquer sur Open. Ils seront ajoutés à la liste des “Input Files” au-dessus ou en dessous de nos fichiers sources d’origine.
Maintenant, dans cette liste d’“Input Files” sélectionnez les slabs et uniquement eux, pas les fichiers d’origine.
Une fois sélectionnés, empilez-les une première fois en PMax en cliquant sur “Stack” -> “Stack Selected (PMax)”.
Une fois cet empilement terminé, on aura notre premier Stacking composé de Substacks, dans les “Output images”.
À présent, recommençons la procédure mais créons un DMap :
Sélectionnez les Slabs et empilez-les en cliquant sur “Stack” -> “Stack Selected (DMap)”.
Une fois le nouvel Output obtenu, recommencez au moins deux fois la procédure en changeant à chaque fois les préférences de DMap (l’Estimation Radius). Comparez-les, et ne gardez que le meilleur. Supprimez les autres. Sauvegardez le projet.
Tout cela demande beaucoup de temps. Maintenant, il faut accepter d’en passer encore un peu avec la retouche. Évidemment, on a un beau Stacking mais il n’est pas exempt de défauts.
Nous allons donc le retoucher de la même manière que lors du Mix PMax DMap.
On utilisera le fichier DMap comme cible, et on lui appliquera les contours du PMax. Et pour le reste des retouches, on pourra pomper les détails sur les Slabs… Tout l’intérêt de la manœuvre !
N’hésitez pas à passer une bonne heure ou plus sur cette retouche. Elle fait une différence.

Une autre utilité de la retouche dans Zerene concerne la transition entre les zones floues et les zones nettes. On peut utiliser différents inputs pour repasser sur ces transitions et les faire les plus douces possible. C’est difficile. Parfois, c’est impossible, il y a toujours une cassure.

Une fois que vous êtes satisfait et que vous voyez que vous ne pouvez plus rien améliorer (mais vraiment, j’insiste, soyez méticuleux et perfectionniste à l’extrême), validez la retouche (“Edit” -> “Commit Retouching”), sauvegardez le projet, mais surtout, sauvegardez ce dernier Output créé (“File” – > “Save Output Image(s)” ). C’est LE Focus Stacking. Celui pour lequel on a fait tout ça… Et ce n’est pas fini.
Enregistrez cet Output dans un endroit différent de votre projet. Vous pourriez vouloir supprimer le projet sachant que selon la taille de vos .TIFF, et leur nombre, le dossier pourrait peser plusieurs dizaines de gigaoctets… mais vous voudrez conserver l’image finale.

Maintenant que l’on a notre belle image, avec toute cette profondeur de champ, que l’on a réduit les défauts du Stacking au minimum possible, il va falloir un peu la travailler.

Chacun aura sa méthode, en ce qui me concerne à partir de là, je la travaille dans Lightroom pour le recadrage, la balance des blancs si nécessaire, le réglage de tout ce qui est lumière, l’application de filtres (radial et/ou gradué). Je touche peu, ou pas aux couleurs et si je les touche, ce sont celles du fond, mais pas celles du sujet. Je touche mais très peu à la netteté.

À partir de là, je l’ouvre dans Photoshop et je supprime les poussières qui auraient résisté au nettoyage physique, et les halos qui sont restés malgré toutes les retouches dans Zerene. Et oui, il en reste toujours !
La suppression de halos dans Photoshop, c’est vraiment le plus long de la retouche, mais c’est ce qui fait aussi que la photo est quasiment impeccable.
Pour ça, il n’y a pas 36 moyens ; si l’on utilise le pansement, il y a de fortes chances qu’il ne comprenne pas trop où il est et le résultat sera encore pire que le défaut ; si on utilise l’outil tampon, il y a de fortes chances pour que d’une part, vous ne trouviez pas de zone idéale à dupliquer, et d’autre part, si vous en trouvez une, on verra toujours une cassure au niveau des poils, ou encore des poils qui n’ont rien à faire où ils sont et en si grand nombre, pour peu que l’on zoome un peu ; Dernière solution, celle qui offre les plus beaux résultats, et malheureusement la plus longue, il faut repeindre les halos avec la couleur de fond à proximité du halo. C’est un travail long et minutieux, il faut passer autour de chaque poil “embrumé”, et il faut recréer les dégradés. Bien entendu, en zoom 300, minimum.

Si dans le flou de l’arrière plan, il y a un peu trop de bruit, on peut dupliquer le calque, créer un léger flou de surface, faire passer le calque qui contient le sujet net au-dessus, et y effacer les zones contenant trop de bruit. Ça laissera apparaître un flou sans bruit.
Attention, il ne faut pas voir de démarcation, donc à vous de vous débrouiller avec les réglages de flou et la manière d’effacer. Il y a sûrement plus simple pour arriver au même résultat, mais c’est ma méthode.

Une fois toutes les retouches terminées, j’enregistre et je retourne à LightRoom.
De là, j’exporte une version en JPEG, qui peut aller de 2000 à 4000 pixels de large, contenant mon logo, pour tout ce qui est publication sur Internet, et j’exporte une version TIFF 16 bits non compressée, en taille originale, pour le tirage et la vente.

Ça y est, le travail est fini.

Voilà comment on est passé de cela pour le premier point de netteté :

Et ça pour le dernier :

À ça (avec une centaine de clichés, divisé en 14 slabs) :